Quand la violence cachée commence dès le dating

Chronique d’une relation où l’homme “normal” devient fuyant, distant… puis “ne veut plus que du sexe”
Depuis quelque temps, une chose intéressante est en train d’émerger.
Sur Instagram : notamment chez certaines psychologues et coachs féminines de part le monde, on commence doucement à ouvrir un espace qui était resté longtemps tabou :
Le comportement féminin dans les dynamiques relationnelles.
Pas dans une logique d’accusation mais dans une logique de lucidité.
On commence à questionner ce qui, jusque-là, était souvent considéré comme “normal”, “protecteur”, ou même “empouvoirant” – alors que, comme on va le voir, ces comportements peuvent être profondément dysfonctionnels.
Tout comme chez l’homme, on retrouve chez la femme des conduites déviantes, abusives ou toxiques. Simplement différentes dans leur forme.
Et surtout : beaucoup de ces attitudes sont le fruit d’un conditionnement culturel – pas d’une conscience réelle de soi.
Ce qui paraissait acceptable, voire encouragé (tester, se faire désirer, garder le pouvoir, ne pas être acquise), commence aujourd’hui à être re-questionné.
Parce qu’on réalise que ce “normal” produit souvent de la destruction relationnelle.
C’est dans ce contexte que s’inscrit cette chronique.
Elle ne prétend pas décrire toutes les relations, ni toutes les femmes mais raconte un scénario relationnel très répandu constaté notamment en séance de coaching.
Un enchaînement précis de micro-dynamiques qui, répétées dans le temps, transforment un homme engagé en partenaire distant.
Si tu ne t’y reconnais pas, tant mieux. Si quelque chose résonne, lis jusqu’au bout.
Les Personnages
Au départ, il n’y a pas de monstre. Il y a juste deux personnes ordinaires.
Paul. : Plutôt stable. Capable d’engagement. Pas parfait, mais intentionnel.
Marie : Pas “méchante”. Mais avec des réflexes appris : se protéger, tester, garder le pouvoir, ne pas être acquise, obtenir des preuves d’amour – sans toujours voir que ces mécanismes peuvent devenir punitifs.
Jour 0 : Le café : le risque sain
Il la voit. Il hésite. Il se lance. Il aborde, il sourit, il fait ce que beaucoup d’hommes ont peur de faire : prendre un risque social.
Perception de lui : “Elle me plaît. Je tente. Si ça passe, cool. Si ça casse, je m’en remets.”
Perception d’elle : “Ok, il ose. C’est flatteur. Mais je dois rester en contrôle. Je ne veux pas être ‘trop disponible’.”
À ce stade : rien de grave.
Mais la graine est là : contrôle + test = sécurité.
Ici, on voit se dessiner l’insécurité de Marie, et son indisponibilité émotionnelle naissante – sous couvert de « protection ».
À ce stade : rien de grave.
Mais la graine est déjà là : contrôle + test = sécurité.
Ici, on voit se dessiner l’insécurité de Marie, et une indisponibilité émotionnelle naissante — sous couvert de “protection”. Comme on le verra par la suite, Marie, pour “s’engager”, ne fera en réalité que tester l’autre sur sa capacité à s’engager. Elle va progressivement fatiguer l’autre personne, sans jamais s’engager pleinement elle-même.
Puis, une fois l’homme épuisé ou devenu distant, elle conclura :
Je ne peux pas m’engager avec lui, il est fuyant.
Alors que le paradoxe est évident :
C’est elle qui n’a jamais réellement pris le risque de l’engagement. En réalité, c’est une stratégie inconsciente pour s’assurer de ne jamais avoir à s’engager. Car s’engager implique une chose fondamentale : être authentique. Et quand on a peur que son “soi” soit rejeté, on passe sa vie à se protéger :
- on met des masques,
- on teste,
- on évalue l’autre,
- on observe,
Tout cela pour permet une chose d’éviter une chose essentielle :
se regarder soi-même.
Et c’est justement ce que beaucoup de femmes sont aujourd’hui en train d’apprendre à travers leur parcours en développement personnel et spirituel :
- Faire tomber leurs propres barrières,
- Pour être enfin pleinement dans leur pouvoir,
- C’est-à-dire authentiques.
Parce qu’au fond, leur “soi” suffit.
Semaine 1 : La première micro-stratégie
Elle donne son numéro. Puis, dès les premiers échanges :
Elle relit ses messages dix fois pour s’assurer de contrôler ce qu’elle dit et montre,
Elle attend volontairement avant de répondre,
Elle “dose” pour ne pas paraître “acquise”,
Elle laisse parfois un message en “vu” (ou répond sec) pour “se faire désirer”.
Ce n’est pas forcément conscient ni mal intentionné. Mais c’est déjà une asymétrie :
Elle installe l’idée que l’accès à elle est un test et demandera un effort
- Perception de lui (court terme) : “Elle est peut-être occupée. Ou réservée. Je vais être patient.”
- Perception d’elle (court terme) : “Bien. Il continue. Donc il tient à moi. Je suis désirée.”
- Effet invisible : l’attention de l’homme devient un carburant émotionnel. Et le “petit manque” qu’elle crée devient un outil.
Question que presque personne ne se pose à ce moment-là :
Qu’est-ce que Paul reçoit véritablement ?
- Elle reçoit de l’attention.
- Elle se sent désirée.
- Elle se sent choisie.
Mais lui ?
- Reçoit-il de la considération ?
- Se sent-il valorisé ?
- Reçoit-il de l’attention naturellement, comme elle ?
Ou bien la dynamique installe-t-elle déjà un cadre où, pour avoir ce qu’il veut, il devra :
- Faire des efforts,
- Prouver,
- Être évalué,
- Et espérer être jugé “conforme” ?
Autrement dit :
- Elle est désirée gratuitement.
- Lui commence à devoir mériter afin de recevoir quelque chose qui devrait être naturel.
Et là, une autre question fondamentale apparaît :
Quand la femme, autocentrée “à des fins de protection”, sous l’emprise de son insécurité, donc gouvernée par ses peurs, adopte ce type de comportement…
- Se demande-t-elle seulement ce dont l’autre a besoin ?
- Est-elle intéressé par apport à l’autre ce dont il a besoin ?
- Ou est-ce que cela sort complètement de son champ de conscience ?
Parce qu’à ce stade, tout est déjà orienté vers elle :
- Sa sécurité,
- Son ressenti,
- Sa validation,
- Son contrôle.
L’autre n’est déjà plus vraiment un partenaire. Il devient un objet d’évaluation.
On n’est plus dans une rencontre. On est dans un examen.
Et pourtant, dans ce type de dynamique, force est de constater que la personne la moins apte à construire une relation équilibrée est souvent Marie – qui se positionne, malgré elle, en juge, juré et bourreau. Et qui plus est, si l’on regardait Marie à la lumière des critères avec lesquels elle jauge Paul, elle serait immédiatement disqualifiée sans possibilité de rattrapage.
Semaine 2–3 : Les obstacles, épreuves, validation
Elle continue à mettre des barrières :
disponibilité floue (“on verra”),
rendez-vous repoussés (“finalement pas ce soir”),
petites piques (“t’es comme les autres ?”),
tests de jalousie (“une fille t’a écrit ?”).
Lui, pour prouver qu’il est sérieux, s’investit :
plus d’initiatives,
plus de messages,
plus d’efforts.
- Etc…
Le mécanisme central s’installe :
La relation commence à ressembler à une dynamique où :
l’amour = preuve
et où la preuve = effort sous tension.
On commence alors à avoir le terreau fertile d’une relation dysfonctionnelle, déséquilibrée – voire toxique. Car en maintenant ce comportement basé sur l’insécurité, Marie est en train de reproduire ce qu’elle a souvent vécu dans l’enfance :
Elle tente de modeler l’autre à son image, à ses attentes.
Et pourtant Marie, la moins apte des deux à une relation équilibrée, tente d’inculquer à l’autre comment être “acceptable” pour elle.
On remarquera également que durant cette phase, Marie est très peu intéressée par les besoins de l’autre. Elle donne souvent le strict minimum. Parce que dans sa logique :
Il ne faut pas trop se montrer intéressée, sinon je deviens acquise. Et si je suis acquise, il ne fera plus d’efforts.
Autrement dit, pour s’assurer (par insécurité), que l’autre reste (et ne l’abandonne pas), elle donne peu, ou au compte-gouttes, en croyant que cela maintiendra une relation satisfaisante sur le long terme. Mais dès le départ, on n’est déjà plus dans une rencontre d’être à être.
On est dans une rencontre d’ego à être. Qui finira inévitablement en relation d’ego à ego.
Car en ne s’intéressant pas réellement à l’autre, et en se protégeant constamment, Marie ne montre jamais qui elle est vraiment.
Pire encore : elle n’est souvent même pas en contact avec qui elle est.
À force de se protéger en permanence, elle vit dans le manque et la peur.
Et aucune relation d’être à être ne peut émerger quand l’un des deux fonctionne depuis cet endroit-là.
Mois 1 : Première “punition” affective (la vraie bascule)
Marie, mue par son manque de confiance et son insécurité, modifie volontairement sa posture affective (froid, retrait, silence) pour influencer l’état intérieur de l’autre.
Elle cherche inconsciemment à le rendre responsable de ce qu’elle n’ose pas faire elle-même : s’ouvrir, communiquer clairement ses besoins, prendre le risque émotionnel de dire ce qu’elle ressent.
Elle installe alors des attentes non communiquées, qu’elle pense que l’autre devrait deviner.
Mais penser ainsi est encore une stratégie d’insécurité et de manipulation.
Cela lui permet d’éviter :
d’affirmer ses désirs
d’exprimer ses besoins
de se montrer authentique,
et surtout… de prendre le risque d’être rejetée
Autrement dit, la personne la plus insécurisée et inexpérimentée,
devient celle qui juge, punit et impose une sentence affective sans procès,
sans dialogue, sans droit de réponse.
Un bourreau émotionnel sans master en droit qui se place ensuite en victime ou innocent :
- C’est l’autre qui ne comprend pas.
- C’est l’autre qui ne fait pas ce qu’il faut.
- C’est l’autre qui “ne sait pas.
Alors qu’en réalité, c’est Marie qui :
Ne sait pas communiquer ses désirs,
Ne sait pas prendre de risque émotionnel,
Ne sait pas s’affirmer clairement,
N’est pas autonome dans sa régulation émotionnelle,
Et n’est pas autonome dans sa confiance en elle.
Autrement dit, on est en plein renversement des rôles.
Et donc… en pleine manipulation.
Le pire, c’est que quand Marie agit ainsi, elle ne cherche pas à être offensive. Elle est en posture de “protection” et donc « innocente ou victime ». Et c’est là toute la beauté de la chose, les Maries sont toujours en train de se protéger d’une menace qui n’existe pas mis à part dans leur tête :
- Sa peur d’être authentique,
- Sa peur d’être rejetée.
- Sa peur de l’abandon,
- Sa peur de pas être à la hauteur
- Etc…
Alors elle externalise cette peur sur l’autre, afin d’avoir une “cible”.
Une cible qui, évidemment, ne sera pas elle.
Finalement, sous couvert de protection et d’innocence, Marie devient alors aveugle à ses propres fonctionnements intérieurs.
Quand Paul tentera d’en parler, il se heurtera souvent à un mur : déni, silences, fermeture, attaques.
Le seul objectif ?
Se protéger encore et encore.
Et si Paul insiste, refuse de se soumettre, il deviendra soudain :
- Le toxique,
- Le contrôlant,
- Le manipulateur,
- Ou le pervers narcissique.
Mais cela ne change rien au fond :
Marie reste aveugle à ses propres mécanismes.
Et c’est exactement ce que l’on observe en coaching.
Dès qu’on creuse, tout se vérifie. Les “Marie” finissent par reconnaître ces comportements. Elles admettent aussi ne pas se sentir à la hauteur et donc se protéger.
Elles réalisent alors la dimension profondément dysfonctionnelle de leur posture. En réalité, elles ont simplement peur d’oser être elles-mêmes dans une relation saine.
Alors elles sabotent le lien, en rendant l’autre responsable et finissent par gaslighter.
Pendant ce temps-là, Marie ne s’est toujours pas intéressée à son partenaire.
- Ni de près.
- Ni de loin.
Tout reste centré sur elle et sur la façon dont elle sera comblée ou satisfaite par cette relation.
Mois 2–3 : Installation du schéma : “tu dois deviner, et si tu rates, tu payes”
Parmis les bons moments de la relation, des scènes se répètent :
Elle attend quelque chose sans le dire.
Il ne devine pas.
Elle se ferme / boude / retire la chaleur.
Il s’excuse, s’ajuste, fait plus d’efforts.
Elle “revient” quand elle sent qu’il a “compris”.
- Perception de Paul : “Je marche sur des œufs. Je veux éviter le prochain froid.”
- Perception de Marie : “Il progresse. Il apprend. C’est bien.”
- Ce qu’elle ne voit pas : elle conditionne l’homme à associer l’intimité à un risque. Et elle associe, elle, l’amour à une capacité de contrôle.
Mois 4–6 : Le couple officiel (et la fatigue cachée)
Ils sont ensemble. Elle peut dire à ses amies : “il est à fond.”
Au début, c’est vrai qu’il était à fond mais maintenant, il commence à changer.
Il parle moins de ce qu’il ressent,
Il évite certains sujets,
Il anticipe en se taisant,
Il réduit ses initiatives spontanées.
Pourquoi ?
Parce que l’initiative est devenue dangereuse : elle peut déclencher une punition froide s’il fait “pas parfaitement”.
- Perception de lui (moyen terme) : “Tout se retourne contre moi. Le moindre truc devient un procès. Je me protège.”
- Perception d’elle (moyen terme) : “Il change. Il est moins présent. Je sens qu’il s’éloigne. Donc je dois augmenter les tests.”
- Cercle vicieux : plus elle sent l’éloignement, plus elle contrôle. Plus elle contrôle, plus il se retire.
Mois 6–12 : Le glissement : de l’amour vivant à la gestion de crise
À ce stade, la violence cachée s’exprime souvent par :
Reproches indirects (“t’inquiète…” dit avec mépris),
Comparaison (“les autres hommes…”),
Retrait affectif,
Menace implicite de rupture,
Culpabilisation (“tu me fais souffrir”, “je ne me sens plus aimée” sans demande claire).
Lui apprend un truc : ce qui est safe, c’est ce qui ne déclenche pas de tempête.
Et ce qui déclenche moins de tempête, souvent, c’est :
être gentil mais distant,
éviter l’intime,
Faire le job,
et garder une zone où il se sent vivant : le désir, le sexe, le jeu.
- Et ne pas trop passer de temps avec Marie, ca augmenter les probabilité que ça éclate.
Et on arrive alors à :
- Perception de lui (moyen/long terme) : “Je l’aime… mais je ne peux plus respirer ici. Si je m’ouvre, je me fais punir. Donc je me ferme.”
- Perception d’elle (moyen/long terme) : “Il ne s’engage pas émotionnellement. Il est fuyant. Il ne pense qu’au sexe.”
- Conclusion : Ce n’est pas qu’il “ne pense qu’au sexe” au départ. C’est que le reste est devenu un champ de mines.
Le sexe devient alors la dernière zone “simple” même si, bien souvent, elle aussi se dégrade rapidement car il se rend compte qu’il doit constamment “mériter” quelque chose qui devrait être naturel. À ce stade l’homme comprendre qu’il sera « toujours en train de devoir travailler pour avoir ce qui pour lui, devrait être normal et fluide ».
Rappelons qu’ici, les Marie ne savent toujours pas ce qui comble réellement un homme. Elles pensent qu’un homme qui pourchasse, travail la relation est “content”, “comblé”, “dans son rôle”.
Alors qu’en réalité, à part l’épuiser et le fatiguer, cela ne crée pas grand-chose d’autre.
Le moment où je reçois ce qui, pour moi, est naturel… il arrive quand ?
12–18 mois : Extinction affective : le corps est là, plus plus l’esprit.
Il fait moins d’efforts, moins d’élans, moins de projets. Il se protège. Il devient “tiède”.
Et elle, souvent, c’est à ce moment ou elle réécrit l’histoire :
“Au début il était incroyable, maintenant il a changé.”
“Il m’a fait du love bombing.”
“Il m’a eu, maintenant il s’en fout.”
Sauf que la chronologie réelle est souvent :
Au début, il était motivé, vivant, intentionnel.
Puis il a été conditionné à : “si tu rates, tu perds l’amour / la chaleur.”
Il a donc réduit son engagement émotionnel (stratégie de survie relationnelle).
La relation s’est vidée.
Et du coup :
- Perception de lui (long terme) : “Je suis devenu quelqu’un que je n’aime pas. Je suis éteint. Je pars, ou je reste en mode minimum.”
- Perception d’elle (long terme) : “Les hommes sont tous pareils. Il ne voulait pas du sérieux.”
- Et c’est là l’angle mort : elle ne voit pas que sa manière d’obtenir de l’amour a fabriqué un homme qui ne sait plus comment aimer sans se perdre.
Le diagnostic relationnel
Ce scénario n’exige pas que “la femme soit perverse”. Il suffit de trois ingrédients très humains bien communs :
peur de l’abandon (donc tests, contrôle, lecture implicite).
éducation relationnelle (“il doit prouver”, “je ne dois pas être acquise” donc je me montre « indisponible » ou pas accessible facilement).
punition indirecte comme outil (silence, froideur, retrait, privation) au lieu de communication claire.
Et en face :
un homme qui s’adapte en devenant évitant/distant,
puis un récit final où il est accusé d’avoir été un manipulateur.
Grille d’introspection
Si tu lis cet article et que tu veux savoir si tu as contribué au schéma, demande-toi :
Est-ce que j’utilise le silence/froid comme arme (même “légère”) ?
Est-ce que j’attends qu’il devine, puis je punis s’il ne devine pas ?
Est-ce que je crée volontairement du manque pour me rassurer (réponses tardives, tests) ?
Est-ce que je veux un homme “safe”, mais je le mets en insécurité relationnelle ?
Est-ce que mon “besoin d’amour” passe par du pouvoir ?
Si tu coches 2–3 points de façon répétée, alors oui : la violence cachée peut avoir commencé très tôt, sans que tu l’aies voulu.
CONCLUSION :
Quand on regarde ce récit très commun dans le dating, on se rend compte d’une chose dérangeante qui en énerve plus d’une :
C’est Marie qui arrive indisponible émotionnellement et pas l’inverse.
Elle dit vouloir l’amour. Mais par peur d’être abandonnée ou rejetée, elle passe son temps à tester l’autre, à créer des vides, des silences, des distances pour tenter de s’assurer qu’il ne partira pas.
Et pourtant, c’est exactement ce qu’elle provoque.
En séance de coaching, quand des femmes se reconnaissent dans ce schéma, et qu’on creuse, on tombe presque toujours sur la même racine :
- Je ne me sens pas à la hauteur.
- Je ne crois pas que tel que je suis, je puisse être aimé.
- J’ai peur de donner.
Du coup, en plus d’avoir peur de ne pas être aimée, elle a peur d’être rejetée.
Mais le point central est celui-ci :
Elle ne s’engage pas pleinement, en tant qu’être, dans la relation.
Parce que s’engager vraiment, voudrait dire se montrer dans TOUTE son authenticité et prendre le risque d’être rejetée.
Autrement dit, c’est elle, le profil évitant émotionnel, qui bloque la relation dans une phase de test permanente et qui finit par faire capoter le lien.
En bref : elle manipule, sans perversité, mais à des fins de sécurité.
Si on résume :
Si on résume ce récit, pourtant extrêmement commun, chez “Marie” on observe ceci :
Moi qui n’ai pas confiance en moi, je vais te tester toi pour voir si TOI tu es à la hauteur de moi…
qui ne me crois pas à la hauteur.
Je vais t’évaluer. Te jauger. Te mesurer. Pour décider si tu mérites une relation avec moi.
C’est la personne la plus apeurée, la moins engagée émotionnellement, qui renverse les rôles.
La vérité, c’est que pendant que Marie fait tout cela, elle évite de se regarder elle-même.
Et l’autre cesse alors d’être un partenaire.
Il devient un objet – destiné à servir ses besoins.
Sans qu’elle prenne réellement le temps de s’intéresser à lui.
D’ailleurs, en coaching, quand je demande aux femmes :
“Comment un homme se sent aimé selon toi ?”
À part un silence béant suivi d’un “je ne sais pas”, il n’y a pas grand-chose qui sort.
Alors je pose la question suivante :
Tu veux une relation stable et positive sur le long terme…
sans savoir comment ton partenaire se sent aimé ?
Comment ce fait-il que tu ne le saches pas déjà ?
C’est à ce moment que « la réalité frappe fort ».
Car la personne réalise qu’elle ne s’y est que trop peu intéressé. (voir pas du tout, elle fonctionne généralement sur ces acquis de livres romantiques, les films et les des conseils entre copines).
Par contre, elle est parfaitement capable d’expliquer tout ce que l’homme devrait faire – et ne fait pas – pour la combler, elle.
Et là, souvent, arrive la prise de conscience :
Un rôle profondément autocentré.
D’ailleurs, n’est-ce pas aussi le fruit de l’éducation émotionnelle véhiculée par beaucoup de romans d’amour et récits érotiques féminins ?
L’homme n’est pas vu comme un être à rencontrer mais comme un outils, un moyen de la combler elle.
Si Regardons un porno produit par les hommes et fait pour les hommes :
On y voit (maladroitement, certes) le plaisir de donner et le plaisir recevoir des deux côtés.
On voit que :
La femme est contente de donner du plaisir à l’homme.
La femme est contente de recevoir du plaisir de l’homme.
C’est clairement exprimé.
Regardons un film érotique pour femmes :
On y voit comment l’homme devient un instrument du plaisir féminin.
Très rarement – pour ne pas dire jamais – il est question :
du plaisir de la femme à donner du plaisir à l’homme.
du plaisir de la femme à être satisfaite de satisfaire son homme.
Tout tourne autour du plaisir de la femme : de comment elle est abordée, courtisée, romantisée, conquise, guidée.
Tout est organisé pour SON ressenti. Le monde tourne autour d’elle.
Dans ces conditions, difficile d’avoir une relation saine. Surtout quand la réalité montre qu’une relation saine est un duo et non une autoroute à sens unique.
Et c’est justement ce type de prises de conscience qui est en train d’émerger dans le monde du développement personnel.
De plus en plus de femmes commencent à voir leurs propres mécanismes.
À comprendre que se protéger en permanence n’est pas de la puissance.
Que tester, contrôler, retenir, garder la main sur le frein n’est pas de l’amour.
Elles apprennent à sortir de leurs peurs.
À devenir émotionnellement disponibles.
À donner et recevoir dans une relation saine.
À se donner pleinement, plutôt que d’évaluer, de tester, ou de maintenir une distance “de sécurité”.
Parce qu’au fond, aimer demande une chose simple et exigeante :
Oser être entière.
Sources
Je ne peux pas honnêtement prétendre donner “tous les exemples recensés” : il n’existe pas de liste unique exhaustive en clinique. En revanche, le récit ci-dessus s’appuie sur des concepts solidement documentés :
Agressivité relationnelle / violence indirecte : Crick & Grotpeter (1995) ; Linder, Crick & Collins (2002).
Ostracisme / silent treatment (effets psychologiques du retrait) : Kipling D. Williams (2000+), travaux sur l’ostracisme.
Pattern demande-retrait (demand–withdraw) en couple (un poursuit, l’autre se retire) : travaux en thérapie de couple et recherche conjugale (Christensen & Heavey, années 1990).
Attachement (hyperactivation vs désactivation : anxieux vs évitant) : Mikulincer & Shaver (2007).
Dégradation conjugale par cycles interactionnels : John Gottman (années 1990–2000), notamment critiques/défensive/mépris/stonewalling.
Si tu veux, je peux aussi resserrer le style (plus “manifeste”), ou au contraire le rendre plus clinique (avec une section “signaux précoces” + “interventions correctives” : comment remplacer bouderie/test/implicite par demandes claires, limites, et régulation émotionnelle).


