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21/04/2025Tu te sens souvent dépassé(e), anxieux(se), coupé(e) de toi-même ?
Tu vis dans ta tête, mais ton corps semble absent — ou bien il crie sans que tu comprennes pourquoi ?
Et si tout cela venait d’un phénomène clé mais méconnu : la rupture d’interoception.
L’interoception, c’est ta capacité à ressentir ce qui se passe à l’intérieur de toi.
Et quand elle est désactivée… tu te perds. Littéralement.
Qu’est-ce que l’interoception ?
L’interoception, c’est ta faculté à percevoir les signaux internes de ton corps.
Elle inclut :
- la faim, la soif,
- les battements du cœur,
- la respiration,
- la tension musculaire,
- la température corporelle,
- la douleur,
- et surtout… tes ressentis émotionnels.
C’est ton système de messagerie interne.
Quand il fonctionne bien, tu sais reconnaître un malaise, une peur, une excitation… dès les premiers signaux.
Mais quand l’interoception est perturbée — souvent après un trauma, une surcharge mentale ou une dissociation émotionnelle — tu vis “hors-sol”.
Ton cerveau tourne à fond, mais ton corps ne suit plus.
Qui est concerné par une déconnexion interoceptive ?
Bien plus de monde qu’on ne le pense.
Les recherches en neurosciences affectives (Antonio Damasio, Bud Craig, Stephen Porges) montrent que l’interoception est liée à :
- la régulation émotionnelle,
- le sentiment d’identité,
- et la prise de décision intuitive.
Les profils les plus touchés :
- ceux qui ont vécu des traumas émotionnels ou physiques,
- les anxieux chroniques,
- les personnes en burnout ou surcharge mentale,
- ceux qui ont appris à s’adapter en niant leurs besoins (enfance hyperadaptée, faux self).
Quand tu apprends à ne pas sentir pour survivre, tu apprends à te couper de toi.
Comment savoir si tu es coupé(e) de ton corps ?
Quelques signes d’interoception affaiblie :
- Tu as du mal à identifier ce que tu ressens dans l’instant.
- Tu remarques ta faim, ta fatigue ou ta douleur… trop tard.
- Ton corps est tendu sans raison apparente.
- Tu intellectualises tes émotions sans les vivre.
- Tu as besoin d’éléments extérieurs pour savoir comment tu vas.
En thérapie, on retrouve souvent : minimisation du corps, “ça va” permanent, réactions seulement en crise (angoisses, effondrements, somatisations).
C’est un fonctionnement dissocié, où ton système nerveux reste bloqué en hypervigilance ou en figement (freeze/fawn).
Mise en situation : Clara, 34 ans
Clara est brillante, empathique, toujours présente pour les autres… mais constamment épuisée.
Elle consulte pour “stress chronique”, mais son discours est mentalisé : « Je ne comprends pas, je dors bien… »
En séance, elle est incapable de dire comment elle se sent. Elle parle vite, pense beaucoup, mais ne sent rien.
Quand on lui demande d’écouter son corps : « Je ne sais pas. C’est vide. »
Clara illustre une déconnexion interoceptive post-traumatique : elle a appris à vivre dans sa tête parce qu’un jour, son corps était trop douloureux à habiter.
Aujourd’hui, ses signaux internes existent encore — mais ils ne sont plus lus.
Pourquoi se reconnecter est vital
L’interoception est la base de ta régulation émotionnelle.
Sans elle :
- tu ne sais pas quand te reposer ou poser une limite,
- tu prends des décisions déconnectées de tes besoins,
- tu laisses ton stress monter jusqu’à rupture,
- tu fonctionnes en pilote automatique.
Avec elle :
- tu reconnais tes besoins au bon moment,
- tu régules ton système nerveux avant qu’il explose,
- tu fais des choix alignés avec ton état réel,
- tu reviens à toi — en sécurité, avec douceur.
Comme le dit Lisa Feldman Barrett : « Nos émotions sont construites sur la base de nos sensations corporelles. »
Comment retrouver une interoception vivante ?
Bonne nouvelle : elle peut se réactiver.
1. Pleine conscience corporelle
Chaque jour, 3 à 5 minutes de scan corporel. Questions simples :
- Où est-ce que je ressens de la chaleur ? De la tension ?
- Comment est ma respiration maintenant ?
- Y a-t-il une zone qui appelle mon attention ?
2. Bouger pour ressentir (pas pour performer)
Danse libre, yoga doux, marche lente, étirements conscients. Tout ce qui relie sensation et présence.
3. Manger en conscience
Avant : ressens ta faim.
Pendant : textures, températures, rythme.
Après : satiété, plaisir, inconfort.
4. Se faire accompagner
Un accompagnement somatique peut aider à dépasser les blocages liés au trauma ou à la dissociation.
Approches utiles : thérapie sensorimotrice, Somatic Experiencing, IFS, intégration corps-esprit.
Conclusion
Et si ton corps savait… ce que ta tête refuse encore ?
Tu peux continuer dans la performance, le mental, le contrôle.
Mais tôt ou tard, ton corps te rappellera à lui.
L’interoception n’est pas un luxe. C’est ton socle : équilibre, identité incarnée, ajustement émotionnel.
Et tu peux toujours y revenir. Pas à pas. Sensation après sensation.