La Loi de Brandolini ou pourquoi perdre son temps à convaincre un con ?
Tu as déjà passé 45 minutes à argumenter, sourcer, expliquer, reformuler… pour qu’à la fin l’autre te sorte un truc du genre « ouais mais bon, c’est ce que tu crois toi » ?
Bienvenue dans la Loi de Brandolini.
Le parcours Flamme Jumelle est un chaos émotionnel que peu de gens comprennent vraiment. Si tu as besoin de clarté immédiate sur ta situation, on peut en parler 20 min ici : Réserver mon appel offert
Alberto Brandolini, développeur informatique italien, l’a formulée comme ça : il faut beaucoup plus d’énergie pour réfuter une connerie que pour la produire.
Et franchement, dès qu’on y pense deux secondes, c’est d’une évidence sans nom!
Sortir une absurdité prend à peu près 3 secondes, quoi que certains con sont bien plus rapides LOL.
Par contre, la démonter proprement demande des sources, de la logique, de la pédagogie, de la patience… et un cerveau…
Au bon du compte, comme le con, est con, à la fin de la fin, il s’en carre totalement.
Du coup, la vraie question ce n’est pas « comment mieux argumenter ».
C’est : pourquoi tu t’obstines à le faire alors que ça ne sert à rien ?
Le truc, c’est que le cerveau humain ne cherche pas la vérité. Il cherche à avoir raison.
Le biais de confirmation, c’est un des mécanismes les mieux documentés en psychologie cognitive.
Le cerveau ne traite pas les nouvelles informations de façon neutre.
Eh non, il les filtre en fonction de ce qu’il croit déjà.
- Les infos qui confirment = retenues.
- Les infos qui contredisent = rejetées, minimisées, réinterprétées.
Du coup, quand un con pense que 1+1 = 3 et que tu lui dis que ça fait 2 : il s’en carre !
Concrètement : tu montres à un complotiste des photos satellites, des expériences physiques, des données vérifiables.
Il te répond « c’est truqué, la NASA ment ». Fin de la discussion.
- Tu n’as pas perdu parce que tes arguments étaient mauvais.
- Tu as perdu parce que son cerveau n’était pas en mode « cherche la vérité » mais en mode « je protège ce que je crois ».
Bon après, c’est vrai aussi que parfois… La nasa peut raconter de la M*** aussi 🤣.
À ça s’ajoute l’effet Dunning-Kruger, que tu connais sûrement…
Ah non tu connais pas ? Ah bah attends, je vais t’expliquer.
En gros ça dit que les gens les moins compétents sur un sujet sont souvent les plus sûrs d’eux. Pourquoi ?
Parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils ne savent pas.
En gros, ils sont tellement con, qu’ils ont pas encore suffisamment creusé le sujet pour mesurer sa complexité.
Conclusions, ils balancent des certitudes que quelqu’un qui a vraiment bossé le sujet n’oserait jamais formuler aussi simplement.
Résultat :
- Plus tu es informé, plus tu doutes.
- Plus l’autre est ignorant, plus il est sûr de lui.
Du coup, bonne chance pour essayer de convaincre l’ignorant de sa propre certitude est basé sur du « rien ».
Mais alors pourquoi on continue quand même ?
C’est là que c’est intéressant. Parce que si on sait que c’est inutile, pourquoi on s’y remet à chaque fois ?
En séance, j’ai vu tourner ce schéma des centaines de fois. Et en général, ce n’est pas vraiment l’autre qu’on essaie de convaincre.
On cherche bien souvent à se valider soi-même au travers du regard de l’autre.
Si l’autre admet qu’il a tort, on a « gagné ». On confirme qu’on est intelligent, logique ou dans le vrai.
C’est un besoin narcissique de validation déguisé en peusdo débat de bonne foi.
En fait, on supporte mal la dissonance et quand quelqu’un dit quelque chose d’irrationnel ou de factuellement faux, ça crée une tension interne.
Du coup, un petit besoin (basé sur le manque) apparait pour rétablir l’ordre cognitif.
Le mode « sauveur est souvent activé ».
Corriger l’autre c’est en fait une façon d’apaiser son propre inconfort. Pas le sien.
En fait, à ce moment là, on rejoue souvent un vieux film du passé.
Tu sais, le film d’une personne humilié, invalidée, pas reconnue ou entendue, qui, lors de cette dissonance, à un reflexe très fort qui remonte :
« je dois prouver que j’ai raison ».
Enfin pardon, c’est plutôt : je dois lui montrer qu’il se trompe, comme ça je vais l’aider à progresser. (oué oué).
On a dis « besoin narcissique déguisé », alors déguisons.😎
Sauf que ce n’est plus l’autre qu’on veut convaincre.
En fait… ‘est un fantôme du passé qu’on essaie de vaincre par procuration.
Et le fantôme, évidemment, il ne cède jamais.
On joue au sauveur. Certains ont un schéma inconscient d’éducateur, de sauveur.
Ouvrir les yeux des gens, les aider à voir la réalité, leur faire du bien malgré eux.
Ça vient souvent d’un besoin de se sentir utile ou reconnu.
Mais dans un échange fermé, ce mécanisme se retourne contre soi à chaque fois.
Eh ouais, c’est ballot…
En fait on cherche une forme de contrôle, tout en étant dans un besoin de conflit.
Le fait que quelqu’un pense différemment peut être vécu comme une menace.
Un chaos qu’il faut contenir. Convaincre c’est reprendre du pouvoir sur une situation qui nous échappe.
Sauf que l’autre n’est pas une variable dans ton équation. Il fait ce qu’il veut et ton opinion, il s’en contre fou(t).
Ce que ça donne dans une relation
Tu vois où je veux en venir ?
Non t’as pas l’air de piger, alors je vais te faire un zoli dessin.
Cette loi, elle ne s’applique pas qu’aux débats Internet ou aux discussions politiques au repas de famille.
Elle s’applique directement dans les dynamiques relationnelles toxiques que j’observe au quotidien.
Combien de fois j’ai eu en séance quelqu’un qui s’épuise à expliquer à son ex pourquoi son comportement était blessant.
Qui reformule, qui envoie des messages de plusieurs paragraphes, qui rassemble des preuves de ce qui s’est passé… pour que l’autre réponde « tu es trop sensible » ou « tu déformes tout » ou simplement… rien.
(Et franchement, on a pas tous fait ça? LOL !)
C’est la Loi de Brandolini appliquée à l’affectif.
Produire une manipulation, un mensonge, un déni, ça prend deux secondes.
Le démolir proprement avec arguments et preuves, ça prend des heures et de l’énergie émotionnelle. Et ça ne change rien.
Parce que l’autre n’est pas en mode « cherche la vérité ». Il est en mode « protège son ego ».
Du coup, la question n’est pas « comment lui faire comprendre ».
C’est « pourquoi j’ai encore besoin qu’il comprenne pour pouvoir avancer ».
Quoi faire concrètement ?
D’abord, choisir ses combats.
Avant d’ouvrir la bouche, une question simple : est-ce que cette personne est réellement ouverte à ce que je dis ?
Pas « est-ce qu’elle devrait l’être » – ça c’est ton film intérieur qui commence à sentir le moisi.
Est-ce qu’elle l’est vraiment, là, maintenant ?
Si la réponse est non, économise ton énergie.
Ensuite, si vraiment tu veux glisser quelque chose, ne cherche pas à convaincre frontalement.
Pose une question. Une seule. Qui met en évidence une contradiction sans l’imposer.
Laisse l’autre cogiter. Parfois le doute fait son chemin tout seul, mais uniquement quand on ne force pas.
Et surtout, sache quand couper.
Quand ton interlocuteur tourne en boucle, qu’il répète les mêmes arguments en changeant juste les mots, ce n’est plus un échange. C’est un mur.
Et se battre contre un mur ne le fait pas tomber. Ça abîme juste les poings.
La Loi de Brandolini dit une chose simple :
Toute vérité n’a pas besoin d’être défendue. Et les personnes qui ne veulent pas voir ne verront pas, peu importe la qualité de tes arguments.
Ton énergie vaut mieux que ça – et si t’as du mal à lâcher le besoin de convaincre, c’est là que le vrai travail commence.
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