Les mécanismes de la dépendance émotionnelle examinés à la loupe (PARTIE 1)
Dernière mise à jour : 13 mai 2026
Dans l’article précédent, nous avons listé les 9 critères principaux de la dépendance émotionnelle ainsi que certains critères d’une relation toxique.
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Maintenant que les bases ont été posées, nous allons pouvoir développer certains de ces critères afin de mieux comprendre comment fonctionne le Runner.
Car nous Chaser, nous aimons notre Runner avec ou sans faux self…
Mais chut ! Il ne faut pas lui dire, il risquerait de s’enfuir. 🙃
(Je rappelle que la dépendance émotionnelle n’est pas exclusive aux Runners de la flamme jumelle et tous les Runners ne sont pas forcément dépendants affectifs.
Ici je parle du mot Amour mais sans rentrer dans les détails et ce que l’on met derrière sinon l’article serait vite brouillon.)
Critères n°1 – avoir du mal à prendre des décisions sans conseil ni validation d’un tiers.
Seul, le dépendant émotionnel ressent un profond sentiment d’impuissance face à la vie.
Cette impuissance va l’amener à se sentir presque perpétuellement dans l’insécurité.
Ce sentiment sera alors comme un bruit de fond constant plus ou moins fort au quotidien.
Si on exagère un peu, on peut presque considérer le dépendant affectif en « mode survie » au quotidien.
Son but consistera à apaiser ce sentiment d’insécurité par n’importe quel moyen.
Mais dans sa quête de bien-être, le Runner va devenir dépendant de sa propre solution comme d’ailleurs toute personne utilisant les systèmes de compensation.
En effet, toute sa stratégie va consister à traiter les symptômes et non la cause. Il deviendra alors dépendant de sa propre solution.
Et la solution principale du Runner consiste à transférer ses responsabilités, donc son pouvoir personnel à une autre personne comme un conjoint par exemple.
Cette personne sera avec le Runner 24h/24, c’est donc la cible idéale afin d’apaiser son mal-être la majorité du temps.
C’est d’ailleurs pour cela que les Runners préfèrent mille fois être mal accompagnés qu’être seuls…
Le partenaire endossera le rôle de Sauveur et permettra au Runner de passer d’un mal-être à un mieux-être.
Sauf que quand tu sauves un Runner, il t’est redevable à vie et s’agrippera à toi comme un naufragé à sa bouée de sauvetage.
Et bien évidemment, ceci ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd et le partenaire n’hésitera pas, en période de crise, à appuyer là où ça fait mal pour avoir ce qu’il/elle veut.
C’est pour cela qu’on appelle ça une relation toxique.
2 – Compter sur les autres pour assumer les responsabilités dans les domaines importants de sa vie
Comme le Runner n’est vraiment pas autonome, il fera assumer ses responsabilités par ce partenaire qui sera ravi de jouer le rôle.
En prenant cette décision, le Runner fera alors une erreur fondamentale, celle d’associer l’aide apportée à de l’amour.
Seul il se sent mal. Aidé il se sent mieux.
Le partenaire prenant maintenant les décisions et les responsabilités (dans une certaine mesure) permet au Runner d’avoir le beurre, l’argent du beurre sans les kilos qui vont avec !
- Ceci accentuera le sentiment d’impuissance du Runner, car finalement c’est un peu comme à l’école où, étant nul en maths, c’est votre meilleur ami qui fait le devoir à votre place. Vous ne progressez pas d’un iota, mais vous avez de bonnes notes.
- Cela accentuera également sa dépendance envers son partenaire : pour avoir de bonnes notes, vous avez besoin de votre meilleur ami… Sans votre ami, pas de bonnes notes. Autrement dit, vous allez maintenant faire particulièrement attention à votre relation afin qu’il continue de faire les devoirs à votre place.
Le Runner va alors modeler sa personnalité, faire des concessions, adopter l’opinion de son partenaire, et sera prêt à faire des choses qu’il ne veut pas faire en simulant qu’il aime les faire…
Pourquoi faire ?
Afin de garder ce « mieux-être », car seul c’est la panique assurée.
Le hic c’est qu’avec le temps et la répétition, le Runner va se conditionner lui-même et ne saura plus qui il est et qu’est-ce qui correspond vraiment à ses goûts.
Il se sera perdu lui-même dans le labyrinthe de ses mensonges.
En procédant ainsi, le Runner continuera d’avoir ce qu’il veut : de la présence, de l’aide, de la sécurité, donc un mieux-être.
Vous comprenez les mécanismes de base de la dépendance…
Mais ce n’est pas fini !
Si un jour le Runner souhaite rompre la relation, comme lorsqu’il rencontre son Chaser par exemple, il aura alors un mal de chien à le faire, car à ce moment-là, le sentiment de culpabilité le rongera de la tête aux pieds.
On arrive alors au critère numéro 3 de la dépendance émotionnelle.
PS : Le mécanisme décrit ici a un nom scientifique : l’impuissance apprise. Martin Seligman, psychologue à l’Université de Pennsylvanie, l’a démontré expérimentalement en 1967. Sa découverte : quand un individu est exposé de manière répétée à des situations où il ne peut pas agir, il finit par CESSER D’ESSAYER, même quand les conditions changent et que l’action redevient possible. Le Runner n’est pas faible. Il a appris, parfois depuis l’enfance, que ses propres décisions ne fonctionnent pas. D’où le transfert systématique de pouvoir vers un partenaire. Et ce transfert n’est pas un choix conscient. C’est un mécanisme neurologique documenté.
Sources & références scientifiques
- Seligman, M. E. P., & Maier, S. F. (1967). Failure to escape traumatic shock. Journal of Experimental Psychology, 74(1), 1,9. PubMed. Étude fondatrice sur l’impuissance apprise (learned helplessness).
- Seligman, M. E. P. (1972). Learned helplessness. Annual Review of Medicine, 23, 407,412. PubMed. Synthèse clinique sur l’impuissance apprise et ses applications.
- Bandura, A. (1997). Self-Efficacy: The Exercise of Control. Worth Publishers. Sur le sentiment d’efficacité personnelle, opposé direct de l’impuissance apprise.
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs, 80(1), 1,28. Étude fondatrice sur le locus de contrôle externe, base scientifique du transfert de responsabilité.
- Bornstein, R. F. (1993). The Dependent Personality. Guilford Press. Référence académique sur la personnalité dépendante et le mécanisme de transfert.
- Karpman, S. (1968). Fairy tales and script drama analysis. Transactional Analysis Bulletin, 7(26), 39,43. Triangle dramatique de Karpman : dynamique Sauveur/Victime/Persécuteur dans les relations toxiques.
- Berne, E. (1964). Games People Play: The Psychology of Human Relationships. Grove Press. Sur les « jeux psychologiques » et les rôles inconscients en relation.
- Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment. Basic Books. Sur l’attachement insécure et le besoin de base sécurisante externe.
- Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change (2nd ed.). Guilford Press. Sur l’hyperactivation du système d’attachement chez les dépendants.
- Beattie, M. (1986). Codependent No More: How to Stop Controlling Others and Start Caring for Yourself. Hazelden. Sur la dynamique de codépendance et le rôle du Sauveur.
- Norwood, R. (1985). Women Who Love Too Much. Pocket Books. Sur les femmes qui assument inconsciemment le rôle de Sauveur.
- Cermak, T. L. (1986). Diagnosing and Treating Co-Dependence. Johnson Institute Books. Sur les critères cliniques de la codépendance.
- Winnicott, D. W. (1960). The theory of the parent-infant relationship. International Journal of Psychoanalysis, 41, 585,595. Sur le « faux self » : modeler sa personnalité pour répondre aux besoins extérieurs.
- Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner’s Guide. Guilford Press. Sur les schémas d’abandon et de dépendance acquis dans l’enfance.
- Schore, A. N. (2003). Affect Regulation and the Repair of the Self. W.W. Norton. Sur les bases neurobiologiques de l’incapacité à réguler ses propres émotions sans l’autre.


Et ben…. j.ai les symptômes du runner. Moi qui me crois chaser …ça m.a tounré la tête là…Au secours ! Je m.apercois que je croyais être droite dans me bottes mais je viens de prendre conscience que je suis le portrait robot du dépendant émotionnel 😭 (vis à vis de mon conjoint et de mon entourage mais pas de mon jumeau….étrange…) . Cool va falloir bosser là dessus . Je ne sais plus où me situer….
Merci pour vos articles ! Je m en prend plein l tête mais j y retourne…..