On rêve tous de vivre une relation où l’on se sent en sécurité, aimé, choisi.
Mais parfois… aimer quelqu’un devient un ascenseur émotionnel permanent : un message non répondu, et c’est une crise.
Un détail insignifiant, et tout explose. Si vous avez déjà eu la sensation de marcher sur des œufs avec une personne hypersensible au rejet, il est possible que vous ayez aimé une personne souffrant d’un trouble borderline (trouble limite de la personnalité – TLP).
Et il faut le savoir : derrière les comportements qui blessent, il y a une souffrance qui hurle.
L’objectif ici n’est pas de juger, mais de comprendre. Parce que comprendre, c’est déjà commencer à se protéger — soi, le lien, et parfois même l’autre.
Trouble borderline : comportements typiques (hommes et femmes)
1) Peur panique de l’abandon
Quand le lien vacille, même légèrement, l’alarme émotionnelle explose. Un retard ? Une réponse plus froide ? Le cerveau traduit immédiatement par : « Tu vas m’abandonner ». On s’accroche, puis on repousse, par peur d’être trop proche.
- Silence = rejet → panique immédiate
- Fusion → retrait brutal selon la peur du moment
- Supplication puis attaque pour éviter la blessure anticipée
« Je te quitte… avant que tu me quittes. »
2) Relations intenses, instables, polarisées
Quand ils aiment, ils aiment comme si leur vie en dépendait. Mais au moindre doute, l’autre devient la menace. Tout est soit merveilleux… soit terrifiant.
- Idéalisation fulgurante : « Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. »
- Dévalorisation soudaine : « Tu me fais du mal comme les autres. »
- Aucune nuance : amour absolu ou rejet total
3) Identité fluctuante
Sans ancrage interne stable, l’identité se construit à partir du regard des autres. Tout change : style, valeurs, projets… selon la relation vécue.
- Caméléon affectif pour être aimé
- Peur de n’être personne sans le lien
- Nouveau moi tous les mois selon l’environnement
« Dis-moi qui je suis… et je serai à la hauteur. »
4) Impulsivité forte
L’émotion décide. Le raisonnement arrive trop tard.
- Dépenses, sexe, addictions pour anesthésier la douleur
- Actes et mots irréfléchis suivis de regrets
- Ruptures / Retours à répétition
5) Émotions rapides, intenses, difficiles à réguler
Une étincelle = une explosion interne. Il n’y a pas de filtre, pas de tampon. Les émotions brûlent… et brûlent le lien au passage.
- Variations brutales d’humeur
- Hyperréactivité à la moindre nuance
- Apaisement long et difficile
6) Sentiment chronique de vide
Le silence, la solitude, le calme intérieur… deviennent angoissants. Comme s’il n’y avait rien en eux à tenir.
- Besoin constant d’être comblé(e) par l’autre
- Existence qui dépend du lien
7) Colère intense, explosive ou froide
Ce n'est pas de la violence gratuite : c’est une sirène de détresse. Mieux vaut que l’autre souffre un peu… que de disparaître complètement.
Faire mal pour ne pas disparaître.
8) Dissociation en cas de stress émotionnel
Quand la peur devient insupportable : le cerveau se coupe. Regard vide, disparition brutale… C’est la survie.
L’autre croit à de l’indifférence.
En réalité : c’est une noyade émotionnelle.
Ce qu’il faut retenir
Ce n'est ni de la manipulation, ni du caprice. Ce sont des stratégies de survie affective… apprises dans un contexte où aimer faisait mal.
Les différences observées chez les femmes et chez les hommes
Chez une femme borderline
- Émotions visibles : cris, pleurs, reproches
- Besoin verbal de réassurance
- Dépendance affective affichée
Exemple : Julie dit : « Pourquoi tu ne réponds pas ? Tu t’en fiches de moi ? »
Chez un homme borderline
- Masque de force : colère froide, silence
- Actes impulsifs pour calmer la panique
- Fuite de l’intimité pour ne pas être blessé
Exemple : Marc disparaît 48h après un conflit… pour reprendre le contrôle.
Synthèse des différences
- Elle parle → Il agit
- Elle s’accroche → Il fuit
- Elle exprime la peur → Il exprime la colère
- Elle demande l’amour → Il s’en éloigne
Réalité check : Deux styles opposés… pour la même terreur : être abandonné(e).
Et dans une relation ?
Au début, vous avez l’impression d’être enfin vu(e), choisi(e), aimé(e) comme jamais auparavant. L’intensité est vertigineuse : messages passionnés, projets à long terme au bout de deux semaines… Vous êtes mis(e) sur un piédestal. Vous pensez avoir trouvé le « bon ». Et vous y croyez. Vraiment.
Puis, soudain, la peur s’invite dans le lien. L’autre doute, se refroidit, accuse, se protège, vous teste. Vous devenez :
- leur oxygène… et leur menace
- la solution… et le problème
- la personne aimée… et la source de leur panique
Et là, le piège se referme : on se met à rassurer, à justifier, à prouver son amour… encore, encore, encore. Toujours un peu plus. Pourtant, quoi que vous fassiez, ce ne sera jamais suffisant pour faire taire la peur qui vit en eux.
Réalité : Vous marchez sur des œufs. Vous analysez chaque mot. Chaque silence. Chaque souffle.
Petit à petit, vous vous perdez. Vous devenez celui/celle qui apaise, qui comprend, qui absorbe. Vous vous excuserez parfois… juste pour rétablir la paix. Vous portez le lien sur votre dos. Vous devenez le régulateur émotionnel d’une tempête qui ne vous appartient pas.
Et pourtant : ce n’est pas votre faute.
Vous êtes simplement tombé(e) sur quelqu’un qui ne sait pas être aimé sans paniquer. Qui veut la proximité… mais la craint dès qu’elle arrive. Qui demande de l’amour… mais attaque dès qu’il le reçoit. C’est paradoxal. C’est déroutant. Et c’est douloureux.
Il faut le savoir : s’aimer, ce n’est pas se sacrifier. Et aimer ne devrait jamais devenir un test de résistance émotionnelle.
Parce qu’à force de donner, comprendre, rattraper, réparer… il ne reste plus assez d’énergie pour vous aimer, vous.




