Guérir d’un attachement évitant : les 4 voies validées
Tu te reconnais en attachement évitant. Tu as compris d’où ça vient (l’enfance, le système nerveux). Tu vois comment ça pourrit tes relations. Et maintenant, la question essentielle : peut-on en guérir ?
Réponse courte : OUI. Mais pas comme on te le promet partout sur Instagram. Pas en 21 jours. Pas en méditant. Pas en « élevant ta vibration ». Pas en faisant ton « travail intérieur » tout seul dans ton coin.
La guérison de l’attachement évitant est documentée scientifiquement depuis 30 ans. Elle a un nom : l’earned security (sécurité acquise). Elle suit des principes précis. Elle demande du temps (12-24 mois). Et elle passe par 4 voies validées qu’on va détailler dans cet article.
Si tu veux du vrai, du concret, du scientifique, tu es au bon endroit.
D’abord : c’est quoi « earned security » exactement ?
Le concept d’earned security (littéralement « sécurité gagnée » ou « sécurité acquise ») a été introduit par les chercheurs Pearson, Cohn, Cowan et Cowan en 1994. C’est un constat scientifique majeur : certains adultes qui ont eu une enfance d’attachement insécure développent quand même un attachement sécure à l’âge adulte.
Concrètement, on identifie trois grandes catégories d’adultes « sécures » :
- Continuously secure : ils ont eu une enfance sécure et sont restés sécures adultes (la majorité des sécures)
- Earned secure : ils ont eu une enfance insécure mais sont devenus sécures par un travail conscient (15-30% des sécures adultes)
- Becoming insecure : ils ont eu une enfance sécure mais sont devenus insécures suite à des traumas adultes
Ce qui est révolutionnaire : tu N’ES PAS condamné à reproduire tes patterns d’enfance. La plasticité cérébrale rend le changement possible à tout âge. Les modèles opérants internes peuvent être réécrits. Le système nerveux peut être rééduqué.
Mais ça demande un travail spécifique. Pas n’importe quoi.
Les 5 conditions essentielles à la guérison
Avant de détailler les 4 voies, voici les conditions sans lesquelles AUCUNE voie ne fonctionne :
Condition 1 : La conscience du problème
Tu ne peux PAS guérir un évitement que tu ne reconnais pas. Beaucoup d’évitants restent toute leur vie dans le déni (« je suis juste indépendant », « les autres en demandent trop »). Sans la prise de conscience initiale, aucun travail n’est possible.
Si tu lis cet article et que tu te reconnais, tu as DÉJÀ franchi cette première étape. Ne sous-estime pas son importance.
Condition 2 : La motivation suffisante
Le travail de guérison est INCONFORTABLE. Tu vas devoir affronter des émotions que tu fuis depuis 30 ans. Te confronter à des souvenirs douloureux. Te montrer vulnérable. Bref, faire exactement ce que ton système nerveux a appris à éviter.
Sans une motivation forte (souvent provoquée par une rupture douloureuse, une crise existentielle, ou la volonté d’avoir des enfants), peu d’évitants tiennent la durée nécessaire.
Condition 3 : Un cadre soutenant
Tu ne peux PAS guérir seul.e. Vraiment. L’attachement étant par définition relationnel, sa guérison passe nécessairement par la relation. Tu as besoin d’un.e thérapeute, d’un.e coach, ou d’un.e partenaire sécure pour servir de « base sécure » pendant ton processus.
Condition 4 : Le temps long
Personne ne guérit d’un attachement évitant en 3 mois. Les recherches indiquent une durée moyenne de 12 à 24 mois de travail soutenu pour voir des changements profonds. Pas des « ah ça va mieux », mais des transformations structurelles.
Si tu cherches une solution rapide, tu vas être déçu.e. Si tu acceptes un travail long, tu vas être surpris.e par les résultats.
Condition 5 : L’engagement comportemental
Comprendre intellectuellement ne suffit PAS. Tu peux lire 50 livres sur l’attachement et rester aussi évitant qu’avant. Le changement passe par des comportements concrets répétés : oser exprimer une émotion, oser demander de l’aide, oser rester quand tu veux fuir. C’est inconfortable. C’est nécessaire.
Voie 1 : La thérapie spécialisée
C’est la voie la plus puissante et la plus documentée scientifiquement. Mais pas n’importe quelle thérapie.
Pourquoi pas une thérapie classique ?
Une thérapie cognitive classique (parler de tes problèmes pendant 45 minutes) est généralement INSUFFISANTE pour l’attachement évitant. Pourquoi ? Parce que ton évitement est ancré dans le corps, dans le système nerveux, dans des mémoires implicites. Pas dans le cortex.
Tu peux parler de tes problèmes pendant 5 ans. Si on ne touche pas au niveau corporel et émotionnel profond, tes patterns ne changent pas. Tu deviens juste plus articulé.e sur tes problèmes.
Les approches qui marchent vraiment
Les recherches identifient plusieurs approches efficaces pour l’attachement évitant :
EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing)
Développée par Francine Shapiro en 1987, l’EMDR utilise des stimulations bilatérales (mouvements oculaires, tapotements) pour retraiter les souvenirs traumatiques. C’est particulièrement efficace pour les traumas relationnels précoces, qui sont à la base de l’attachement évitant.
Les recherches de Shapiro (2014) ont démontré l’efficacité de l’EMDR pour traiter les expériences adverses de l’enfance qui ont produit l’attachement insécure. Compte 12 à 24 séances pour des changements profonds.
ISTDP (Intensive Short-Term Dynamic Psychotherapy)
Développée par Habib Davanloo, cette approche est particulièrement adaptée aux évitants parce qu’elle CONFRONTE directement les défenses émotionnelles (l’intellectualisation, l’évitement, le déni) pour faire émerger les émotions refoulées.
Davanloo a démontré qu’on peut « casser » la cuirasse défensive d’un évitant en quelques séances intensives, ce qui ouvre l’accès à un travail émotionnel profond. Mais c’est INCONFORTABLE. L’évitant doit accepter cette confrontation, ce qui demande de la motivation.
Thérapie Focalisée sur l’Émotion (EFT)
Développée par Susan Johnson, l’EFT est particulièrement adaptée aux couples. Mais elle peut aussi être utilisée en individuel pour les évitants. Sue Johnson a démontré dans Hold Me Tight (2008) que la guérison de l’attachement passe nécessairement par l’expérience émotionnelle correctrice DANS une relation, pas juste par la conversation rationnelle.
Schema Therapy
Développée par Jeffrey Young, cette approche identifie les schémas précoces inadaptés (Early Maladaptive Schemas) qui se sont formés dans l’enfance. Pour les évitants, les schémas classiques sont : « défectuosité/honte », « isolement social », « carence émotionnelle ».
La schema therapy combine des techniques cognitives, comportementales et expérientielles (imagerie mentale, reparenting) pour transformer ces schémas profonds. Validée scientifiquement pour les troubles de personnalité avec composante d’attachement.
Thérapie sensorimotrice
Développée par Pat Ogden, cette approche travaille directement sur le corps et le système nerveux. Particulièrement efficace pour l’attachement évitant parce qu’elle contourne les défenses verbales pour accéder aux mémoires implicites stockées dans le corps.
Comment choisir ton/ta thérapeute
Critères essentiels :
- Formation spécifique à l’attachement (mention dans son CV ou ses formations)
- Approche corporelle/émotionnelle (pas juste cognitive)
- Expérience avec les évitants (demande-lui directement)
- Capacité à confronter sans casser (si elle ne fait que valider, ça ne marchera pas pour toi)
- Cadre clair sur la durée (engagement de plusieurs mois)
Pronostic réaliste
Avec une bonne thérapie spécialisée, suivie sérieusement pendant 12-24 mois, on observe statistiquement :
- 60-70% des évitants montrent des changements mesurables dans leurs patterns relationnels
- 40-50% peuvent former et maintenir une relation longue saine
- 30-40% atteignent l’earned security selon les critères de l’AAI (Adult Attachment Interview)
Ce ne sont pas des chiffres magiques. Mais ils sont infiniment supérieurs à ceux du « self-help » ou des coachings spirituels.
Voie 2 : La relation correctrice
Deuxième voie : être en relation longue avec une personne en attachement sécure.
Le mécanisme
Voilà ce qui se passe quand un évitant est en relation soutenue avec un.e sécure :
Chaque fois que l’évitant se sent étouffé et qu’il veut fuir, le.la sécure ne réagit pas en panique ou en colère. Il/elle reste calme, dispo, sans pression. L’évitant ne reçoit PAS la confirmation de ses schémas (« les autres demandent trop »). Au contraire, il reçoit une expérience nouvelle : « je peux prendre distance ET la personne reste, et m’accueille au retour ».
Chaque fois que l’évitant exprime (même timidement) un besoin, le.la sécure répond avec chaleur, sans en faire trop. L’évitant reçoit l’expérience : « exprimer un besoin = être accueilli sans drame ni surinvestissement ».
Répété sur des mois et des années, ce type d’expérience reprogramme progressivement le système nerveux de l’évitant. C’est ce que les chercheurs appellent les experiential corrective experiences (expériences correctrices vécues).
Les conditions pour que ça marche
Cette voie est POSSIBLE mais elle a des conditions strictes :
- Le partenaire sécure doit vraiment être sécure (pas un anxieux qui se cache, pas un autre évitant)
- Le partenaire sécure doit avoir une grande maturité émotionnelle (pour ne pas se laisser entraîner dans les dynamiques évitantes)
- L’évitant doit être CONSCIENT et VOULOIR changer (sinon le sécure va s’épuiser)
- La relation doit durer suffisamment longtemps (3-5 ans minimum)
Le problème pratique
Statistiquement, les évitants ne sont PAS attirés par les sécures. Ils trouvent les sécures « ennuyeux », « fades », « pas excitants ». Pourquoi ? Parce qu’un.e sécure n’active pas leur drama interne. Pas de poursuite anxieuse à fuir. Pas de comportements évitants à miroir. Juste de la stabilité.
Les évitants sont magnétiquement attirés par les anxieux/anxieuses, dont la poursuite leur permet de jouer leur rôle de fuyant.e. C’est ce qu’on appelle le piège de la complémentarité dysfonctionnelle.
Donc concrètement, la voie de la « relation correctrice » est souvent fermée tant que l’évitant n’a pas déjà fait un travail thérapeutique préalable. Mais quand elle s’ouvre, elle peut accélérer considérablement la guérison.
Variante : la relation thérapeutique elle-même
La relation entre le/la patient.e évitant.e et son/sa thérapeute est en elle-même une « relation correctrice ». Le.la thérapeute joue le rôle de « base sécure » : disponible, fiable, non-jugeant, attentif. Cette relation thérapeutique répare en partie ce qui n’a pas été reçu dans l’enfance.
C’est pour ça que la qualité de la relation thérapeutique compte plus que la « méthode » choisie.
Voie 3 : Le travail corporel et la régulation du système nerveux
Troisième voie, souvent sous-estimée : la régulation directe du système nerveux par des approches corporelles.
Pourquoi c’est essentiel pour les évitants
Rappel : l’attachement évitant est ANCRÉ dans le système nerveux. Ce n’est pas qu’une question de pensées ou de croyances. Le corps de l’évitant est en dissociation chronique. Il est déconnecté de ses émotions, de ses sensations, de ses besoins physiologiques.
Bessel van der Kolk, dans son livre référence The Body Keeps the Score (2014), explique que les traumas relationnels précoces se stockent dans le CORPS, pas dans la mémoire narrative. Tu peux comprendre intellectuellement tes patterns sans changer pour autant, parce que le travail nécessaire est corporel.
Les approches qui marchent
Yoga thérapeutique
Pas le yoga « fitness » qu’on voit sur Instagram. Un yoga lent, conscient, qui amène à ressentir les sensations corporelles. Les recherches de van der Kolk et al. (2014) ont démontré que le yoga thérapeutique réduit significativement les symptômes de stress post-traumatique chronique.
Recommandé : Hatha yoga doux, Yin yoga, Yoga restauratif. 2-3 séances par semaine pendant 6-12 mois minimum.
Méditation de pleine conscience
Pas la méditation « détente » généraliste. Une pratique de mindfulness rigoureuse qui amène à observer ses sensations, ses émotions, ses pensées, sans s’y identifier ni les fuir.
Les recherches de Brewer et al. (2011) ont montré que la méditation modifie l’activité du default mode network (réseau du mode par défaut) du cerveau, ce qui réduit les ruminations et permet un meilleur contact avec le présent.
Pour les évitants spécifiquement : la méditation aide à réveiller le système limbique sous-activé. Tu apprends à ressentir à nouveau. C’est lent, parfois inconfortable, mais transformateur.
Cohérence cardiaque et travail respiratoire
La cohérence cardiaque (respiration 5/5) régule le système nerveux autonome. Validée scientifiquement, elle permet de sortir de l’état de dissociation chronique des évitants en quelques semaines de pratique régulière.
Protocole : 3 séances de 5 minutes par jour. Effets mesurables au bout de 3-4 semaines.
Somatic Experiencing
Développée par Peter Levine, cette approche aide à libérer les charges traumatiques stockées dans le corps. Particulièrement efficace pour les évitants qui ont besoin de « reconnecter » avec leurs sensations corporelles avant tout travail émotionnel.
Marche en nature, contact physique sain, soleil
Ces pratiques « basiques » sont en réalité fondamentales. Le système nerveux humain s’est développé en lien avec la nature, le mouvement, le toucher, la lumière. Les évitants modernes sont souvent coupés de tout ça (vie sédentaire, écrans, peu de contact physique). Restaurer ces bases physiologiques est un préalable au travail thérapeutique.
Pourquoi cette voie est complémentaire
Le travail corporel SEUL ne suffit généralement pas à transformer l’attachement évitant. Mais combiné à une thérapie, il accélère considérablement les résultats. Le corps régulé permet l’accès aux émotions, qui permettent le travail thérapeutique profond.
Voie 4 : Le coaching spécialisé en attachement
Quatrième voie : un accompagnement par un coach spécialisé en attachement et reconstruction relationnelle.
Coaching vs thérapie : la différence
Précision importante : un coaching n’est PAS un substitut à une thérapie pour les traumas profonds. Si tu as des troubles dépressifs, anxieux, des idées suicidaires, ou un trauma complexe, tu as besoin d’un.e psychologue clinicien.ne.
MAIS : un coaching spécialisé peut être extrêmement efficace dans certains cas :
- Tu as déjà fait de la thérapie mais tu plafonnes
- Tu veux un accompagnement plus intensif et structuré
- Tu as besoin d’outils concrets et de protocoles d’action
- Tu veux travailler spécifiquement sur la dimension relationnelle
- Tu veux un accompagnement plus rapide qu’une thérapie classique
Ce que doit faire un bon coaching attachement
Un coaching sérieux sur l’attachement doit inclure :
- Évaluation initiale rigoureuse du profil d’attachement (idéalement avec l’ECR-R ou un équivalent)
- Travail sur l’enfance et les schémas inconscients
- Outils de régulation du système nerveux
- Protocoles d’action comportementaux (oser exprimer, oser rester, oser demander)
- Travail sur les patterns relationnels actuels
- Suivi régulier sur 3-6 mois minimum
Méfie-toi des « coaching attachement » qui ne sont en réalité que du développement personnel généraliste avec un vernis psy. Un vrai coaching attachement nécessite une formation solide et une expertise spécifique.
Mon accompagnement Cendres à Renaissance
Mon coaching Cendres à Renaissance est précisément structuré pour traiter l’attachement insécure (anxieux, évitant, désorganisé) et la dépendance affective qui en découle souvent.
Programme de 3 mois intensif qui combine :
- Identification précise de ton profil d’attachement
- Travail sur les schémas inconscients hérités de l’enfance
- Protocoles de régulation du système nerveux
- Reconstruction de l’estime de soi
- Outils relationnels concrets et tests pratiques
- Sortie des dynamiques toxiques (relations avec narcissiques, anxieux/évitants, etc.)
Format intensif souvent plus rapide qu’une thérapie classique pour passer d’insécure à earned secure sur la dimension relationnelle (en complément éventuel d’une thérapie pour les traumas profonds).
Le piège des « fausses guérisons »
Attention à plusieurs pièges que beaucoup d’évitants tombent dedans, croyant guérir :
Piège 1 : La pseudo-spiritualité
« J’ai trouvé ma flamme jumelle, on guérit nos blessures mutuellement », « je travaille mes blessures karmiques », « j’élève ma vibration pour attirer un partenaire sain ». Tout ça SONNE comme du travail spirituel. C’est en réalité de l’évitement déguisé.
L’évitant adore ces récits parce qu’ils permettent de continuer à éviter le travail RÉEL (corporel, émotionnel, relationnel) tout en se persuadant qu’on « fait quelque chose ».
Piège 2 : L’intellectualisation
« J’ai lu tous les livres sur l’attachement, je comprends parfaitement mes patterns ». Comprendre intellectuellement est UN PRÉALABLE. Pas une guérison. Tu peux avoir un doctorat en psychologie de l’attachement et rester aussi évitant qu’avant si tu n’as pas fait le travail expérientiel.
Piège 3 : Le déni du besoin de relation
« Je me suis libéré, je n’ai plus besoin de relation amoureuse, je suis bien tout seul ». Pour un évitant, « ne pas avoir besoin de relation » est SOUVENT la confirmation de son évitement, pas sa guérison. Sois honnête avec toi : est-ce que tu n’as VRAIMENT plus de désir relationnel, ou est-ce que tu as juste renoncé pour ne plus souffrir ?
Piège 4 : La « stratégie » pour gérer les anxieux
« J’ai appris à mieux communiquer avec les anxieuses, à les rassurer, à gérer leur intensité ». Apprendre des stratégies de gestion n’est PAS une guérison. C’est une amélioration des mécanismes existants. La guérison vraie change la STRUCTURE, pas les comportements de surface.
Comment savoir si tu progresses vraiment
Signes concrets de progrès en earned security :
- Tu peux exprimer une émotion vulnérable sans paniquer ni rationaliser
- Tu peux demander de l’aide sans te sentir diminué
- Tu peux rester quand quelqu’un est en émotion intense, sans fuir
- Tu commences à ressentir des sensations corporelles que tu ne ressentais pas avant
- Tu détectes tes patterns évitants EN TEMPS RÉEL (pas juste après coup)
- Tu peux choisir une réponse différente, même si c’est inconfortable
- Tu te sens attiré.e par des partenaires plus stables (et tu ne les trouves plus « ennuyeux.ses »)
- Tu tolères mieux l’intimité émotionnelle prolongée
- Tu pleures occasionnellement et tu te laisses pleurer
- Tu peux exprimer « j’ai besoin de toi » sans que ça déclenche une honte intense
Si tu accumules 6-7 de ces signes après 6-12 mois de travail sérieux, tu es sur la bonne voie. Si tu n’en accumules aucun, ton travail actuel n’est probablement pas le bon, ou il manque de profondeur.
Pronostic réaliste : combien d’évitants guérissent vraiment ?
Soyons honnêtes sur les statistiques.
Sur 100 évitants qui prennent conscience de leur fonctionnement :
- ~30 entreprennent un vrai travail thérapeutique
- ~15 tiennent la durée nécessaire (12-24 mois minimum)
- ~10 atteignent une transformation profonde (earned security)
- ~5 maintiennent ces changements sur le long terme
Ces chiffres ne sont pas là pour te décourager. Ils sont là pour être honnête : la guérison existe, mais elle demande un engagement réel. Les 95% qui n’y arrivent pas, c’est généralement par manque de persévérance ou de cadre adapté, pas par incapacité de fond.
Si tu es prêt.e à faire partie des 5% qui transforment vraiment leur vie relationnelle, l’effort en vaut largement la peine.
Et si tu es en couple avec un.e évitant.e qui ne veut pas se soigner ?
Question importante : que faire si TON partenaire est évitant et refuse tout travail thérapeutique ?
La réalité brute : tu ne peux PAS guérir quelqu’un qui ne veut pas guérir. Tu peux l’encourager, lui montrer des ressources, lui exprimer tes besoins. Mais si lui/elle refuse de bouger, tu as 3 options :
- Accepter la relation telle qu’elle est (avec ses limites)
- Te transformer toi-même pour ne plus avoir besoin de ce qu’il/elle ne peut pas donner
- Sortir de la relation
L’option 2 est souvent la plus libératrice. Quand TU deviens earned secure, soit ton partenaire évitant s’adapte (la dynamique change parce que tu n’es plus dans le pattern), soit la relation devient intenable pour lui/elle (et il/elle part ou tu pars).
Mais essayer de « faire guérir l’autre » est une stratégie qui ne marche jamais. Le travail commence par toi.
Et maintenant ?
Tu as maintenant une vision claire des 4 voies de guérison de l’attachement évitant. Pas de magie. Pas de promesses creuses. Du travail rigoureux, validé scientifiquement.
Si tu veux approfondir d’autres aspects :
👉 Pour comprendre les origines profondes : Les 4 causes de l’attachement évitant (enfance et neurobiologie)
👉 Pour identifier précisément les signes : Les 10 signes d’un attachement évitant chez l’adulte
👉 Pour comprendre la dynamique en couple : Vivre avec un évitant, le scénario en 5 phases
👉 Pour comprendre l’attachement complémentaire : L’attachement anxieux : guide complet
👉 Pour revenir à la vue d’ensemble : L’attachement évitant : guide complet
Si tu es prêt.e à passer à l’action et à transformer profondément tes patterns relationnels, mon accompagnement Cendres à Renaissance est conçu précisément pour ça. C’est un programme intensif de 3 mois qui combine toutes les voies de guérison validées scientifiquement dans un cadre structuré et soutenant.
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Sources & références scientifiques
- Pearson, J. L., Cohn, D. A., Cowan, P. A., & Cowan, C. P. (1994). Earned and continuous security in adult attachment: Relation to depressive symptomatology and parenting style. Development and Psychopathology, 6(2), 359,373. Article fondateur sur le concept d’earned security.
- Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change (2nd ed.). Guilford Press. Référence absolue sur la transformation de l’attachement adulte.
- Bowlby, J. (1988). A Secure Base: Parent-Child Attachment and Healthy Human Development. Basic Books. Sur la possibilité de réparation à l’âge adulte.
- Shapiro, F. (2014). The role of EMDR therapy in addressing the psychological symptoms stemming from adverse life experiences. The Permanente Journal, 18(1), 71,77. PubMed. Efficacité de l’EMDR pour les traumas relationnels.
- Johnson, S. M. (2008). Hold Me Tight: Seven Conversations for a Lifetime of Love. Little, Brown Spark. Sur la thérapie focalisée sur l’émotion (EFT).
- Johnson, S. M. (2019). Attachment Theory in Practice: Emotionally Focused Therapy (EFT) with Individuals, Couples, and Families. Guilford Press. Application clinique de l’EFT.
- Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner’s Guide. Guilford Press. Sur la schema therapy pour les schémas précoces inadaptés.
- Davanloo, H. (2001). Intensive Short-Term Dynamic Psychotherapy: Selected Papers of Habib Davanloo. Wiley. Sur l’ISTDP et la confrontation des défenses évitantes.
- Ogden, P., Minton, K., & Pain, C. (2006). Trauma and the Body: A Sensorimotor Approach to Psychotherapy. W.W. Norton. Sur la thérapie sensorimotrice.
- Levine, P. A. (2010). In an Unspoken Voice: How the Body Releases Trauma and Restores Goodness. North Atlantic Books. Sur le Somatic Experiencing.
- van der Kolk, B. (2014). The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma. Viking. Référence sur le travail corporel pour les traumas relationnels.
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- Brewer, J. A., Worhunsky, P. D., Gray, J. R., Tang, Y. Y., Weber, J., & Kober, H. (2011). Meditation experience is associated with differences in default mode network activity and connectivity. PNAS, 108(50), 20254,20259. PubMed. Sur l’impact neurologique de la méditation.
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