Pourquoi une partie de toi résiste à guérir (et ce que ça dit vraiment)

Dernière mise à jour : 16 août 2026

« Ce que tu vas lire est tiré de séances réelles. Les prénoms et détails identifiants ont été modifiés. La dynamique, elle, est authentique. »

Léa fait ses exercices à moitié.

Pas par oubli. Pas par manque de temps.

Elle le sait elle-même.

« Y a peut-être une partie de moi qui veut pas se débarrasser de tout ça. Qui veut souffrir. »

Elle dit ça calmement, comme si c’était une évidence qu’elle venait juste de formuler à voix haute.

Du coup on va regarder ce qui se passe vraiment.

Guérir, c’est pas que du soulagement. C’est aussi une perte.

Léa souffre depuis des mois. Elle dort mal. Elle pense encore à lui. Elle tourne en boucle.

Et pourtant, quand je lui demande ce qu’il se passe si elle se choisit pleinement, elle répond sans hésiter.

« Avantage : j’arrête de focaliser sur lui. »

Bien. Et le désavantage ?

« Focaliser sur moi. Prendre l’entière responsabilité de ce qui arrive ensuite. »

Voilà.

La souffrance, aussi inconfortable qu’elle soit, elle a une fonction. Elle occupe tout l’espace. Elle explique tout. Elle justifie tout.

Tant qu’elle souffre à cause de lui, elle a pas à se regarder, elle.

La douleur, c’est aussi une identité.

On creuse. Et ce qui remonte est précis.

Léa a peur d’être heureuse. Pas d’une façon abstraite, philosophique. D’une façon concrète, viscérale.

Je lui demande : qu’est-ce que tu as peur qu’il arrive si tu étais heureuse ?

« Que ça recommence. Et que ça parte. »

Son système nerveux a appris quelque chose de simple : le bonheur précède la chute. La sérénité précède le chaos. Donc le calme dans la tête, c’est pas de la liberté.

C’est une menace.

Du coup elle reste dans la douleur. Pas parce qu’elle aime souffrir. Parce que la douleur, au moins, elle surprend plus.

T’as pas envie d’aller mieux. T’as envie que ce soit lui qui te guérisse.

C’est là que le mécanisme devient vraiment clair.

Léa attend un déclic. Elle le dit elle-même. Elle attend que quelque chose se passe, que la réalité lui saute aux yeux, que lui reconnaisse, s’excuse, revienne différent.

Elle attend la scène de film où tout s’explique et où la douleur a enfin une raison valable.

Le hic c’est que cette scène, elle viendra pas.

Et tant qu’elle l’attend, elle délègue sa guérison à quelqu’un qui s’en fout.

Elle me dit : « J’ai peur de guérir rapidement. »

Pas de guérir. Rapidement.

Comme si guérir trop vite voulait dire que c’était pas si grave. Que la relation valait pas tant que ça. Que sa douleur était exagérée.

Guérir lentement, c’est une façon de prouver que c’était réel.

Se laisser mourir, c’est aussi une décision.

En séance, on arrive sur quelque chose de plus dur.

Je lui demande quel est l’avantage à croire qu’elle est nulle.

Elle répond : « Me laisser mourir. »

Elle dit ça simplement. Pas comme une déclaration dramatique. Comme quelqu’un qui décrit un mécanisme qu’il a observé chez lui.

Et c’est exactement ça.

Tant qu’elle se croit nulle, elle a pas à essayer. Tant qu’elle souffre, elle a pas à choisir. Tant qu’elle attend le déclic, elle a pas à agir.

L’inconscient est d’une efficacité redoutable. Il crée des bifurcations, des oublis, des flemmes au bon moment. Pas pour saboter. Pour protéger une identité qu’il connaît.

L’identité de celle qui souffre. Qui attend. Qui survit.

Le problème c’est que survivre, c’est pas vivre.

Et le jour où elle décidera vraiment d’aller mieux, ce sera pas lui qui lui donnera la permission.

Ce sera elle.

Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, et que tu résistes à ta propre guérison sans vraiment comprendre pourquoi, je propose un appel d’orientation gratuit de 20 minutes. On regarde ce qui se passe vraiment, sans te vendre du rêve.

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PS : Ce qu’elle vit a un nom clinique. Sigmund Freud l’a identifié dès 1923 et l’a appelé le gain secondaire. L’idée est contre-intuitive mais documentée depuis un siècle : un symptôme peut être maintenu inconsciemment parce qu’il a des avantages cachés, identité, attention, justification, protection. Léa ne fait pas ses exercices à moitié par paresse. Elle les fait à moitié parce qu’inconsciemment, guérir lui coûterait plus qu’elle ne le pense.

Sources & références scientifiques

  • Fishbain, D. A., Rosomoff, H. L., Cutler, R. B., & Rosomoff, R. S. (1995). Secondary gain concept: A review of the scientific evidence. The Clinical Journal of Pain, 11(1), 6,21. PubMed. Revue scientifique sur le gain secondaire et sa réalité clinique.
  • Gilbert, P., McEwan, K., Matos, M., & Rivis, A. (2011). Fears of compassion: Development of three self-report measures. Psychology and Psychotherapy, 84(3), 239,255. PubMed. Sur la peur de recevoir et de se donner de la bienveillance.
Alexis Faure, coach, fondateur de Change ta Perception

J'ai traversé un parcours flamme jumelle. De l'intérieur, quelque chose ne collait pas. J'ai fini par nommer ce que je voyais vraiment : trauma bonding, limérence, dépendance affective.

15 ans de coaching, dont 7 sur les parcours flamme jumelle et les relations d'emprise. Formé aux TCC, à l'EFT et à la PNL, je vais droit à la racine, là où le corps stocke la souffrance.

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