Le corps de souffrance est un éveilleur

Eckhart tolle : nouvelle terre et le corps de souffrance

Cet article fait suite aux deux autres extraits du livre Nouvelle Terre d’Eckhart Tolle (comment le corps en souffrance te pilote et se renouvelle et les rôles joués par les divers visages de l’ego). Maintenant tu vas découvrir ce troisième extrait de ce bouquin génialissime expliquant pourquoi le corps en souffrance est un éveilleur.

Les déclencheurs du corps de souffrance

Certains corps en souffrance réagissent à un seul déclencheur ou évènement particulier, qui est en général celui qui entre en résonance avec une sorte particulière de souffrance éprouvée dans le passé.

Par exemple, si un enfant grandit avec des parents pour qui les questions d’argent sont continuellement source de conflit et de mélodrame, cet enfant absorbera la peur des parents au sujet de l’argent et se créera un corps de souffrance qui deviendra actif dès qu’il sera question de problèmes d’argent.

Ce genre de personne s’énerve ou se met en colère même quand il s’agit de montants insignifiants. Derrière ces émotions, il y a la peur intense liée à la survie. J’ai vu des gens évolués, c’est-à-dire des êtres relativement conscients, se mettre à hurler, à blâmer et à porter des accusations dès qu’ils prenaient le téléphone pour parler au courtier ou à l’agent immobilier.

Quelqu’un qui a été négligé ou abandonné dans son enfance par un de ses parents ou les deux aura développé un corps de souffrance qui devient actif dans toute situation ayant un tant soit peu la résonance de l’abandon primordial.

Un ami qui se présente avec quelques minutes de retard à l’aéroport ou un conjoint arrivant tard le soir peut déclencher une crise majeure du corps de souffrance.

Une femme dont le père en a physiquement abusé quand elle était petite sentira probablement son corps de souffrance s’activer facilement quand elle est en relation intime avec un homme.

Par ailleurs, l’émotion prise dans son corps de souffrance attire probablement vers elle l’homme dont le corps de souffrance est similaire à celui de son père. Son corps de souffrance est donc magnétiquement attiré par quelqu’un qui, il le sent, lui procurera davantage de souffrance.

Les protagonistes confondent parfois cette souffrance avec de l’amour.

Une homme qui avait été un enfant non voulu et à qui sa mère n’avait pas donné d’amour et seulement un minimum d’attention et de soins, avait développé un corps de souffrance ambivalent :

  • D’un côté, il ressentait une intense aspiration, non comblée, à l’attention et à l’amour maternels
  • De l’autre côté, une haine intense parce que sa mère ne lui avait pas donné ce dont il avait si désespérément besoin.

Alors, presque chaque femme venait déclencher ce besoin maladif dans son corps de souffrance, une forme de souffrance émotionnelle. Ceci se manifestait comme une compulsion à “conquérir et à séduire” presque toutes les femmes qu’il rencontrait pour obtenir l’amour et l’attention que son corps de souffrance réclamait à cor et à cri.

Il devient tout un expert dans le domaine de la séduction.

Mais dès que la relation se faisait plus intime ou que ses avances étaient rejetées, la colère contre sa mère, accumulée dans son corps de souffrance faisait irruption et venait saboter la relation.

Quand vous reconnaissez votre propre corps de souffrance dès qu’il pointe le nez, vous apprenez rapidement aussi quel est son déclencheur favori : certaines situations, certaines choses ou ce que les gens disent ou font.

Quand ces déclencheurs se présentent, vous les reconnaîtrez immédiatement et votre état de vigilance augmentera. En une seconde ou deux, vous remarquerez également la réaction émotionnelle créée dans le corps de souffrance.

Mais dans cet état de Présence vigilante, vous ne vous identifierez pas à elle, ceci voulant dire que le corps de souffrance ne prend pas possession de vous et ne deviendra pas la petite voix dans votre tête.

Si vous êtes avec votre conjoint à ce moment-là, il vous suffit de lui dire : “Ce que tu as dit (ou fait) vient de déclencher mon corps de souffrance”. Prenez un accord avec votre conjoint selon lequel vous vous engagez à mentionner à l’autre qu’il vient de déclencher votre corps de souffrance.

De cette façon, le corps de souffrance ne peut plus se sustenter du mélodrame relationnel. Au lieu de revenir à l’inconscience, vous deviendrez pleinement présent.

Si vous êtes bien présent chaque fois que le corps de souffrance a une crise, une partie de l’énergie émotionnelle négative sera consumée, pour ainsi dire, et se transformera en énergie de présence.(C’est ce procédé qu’on utilise en coaching).

Le reste du corps de souffrance se retirera rapidement et attendra une meilleure occasion pour entrer de nouveau en crise. C’est-à-dire qu’il attendra que vous soyez moins conscient.

La meilleure occasion que le corps de souffrance puisse saisir pour entrer en crise c’est quand vous perdez l’état de Présence, probablement après avoir bu quelques verres ou pendant que vous regardez un film de violence.

La moindre émotion négative, comme de l’irritation ou de l’anxiété, peut aussi servir de déclencheur. Tout ce dont votre corps de souffrance a besoin, c’est de votre inconscience.

Il ne peut tolérer la clarté de la Présence.

Le corps de souffrance est un éveilleur

Au premier abord, il semblerait que le corps de souffrance soit le plus grand obstacle à l’avènement d’une conscience nouvelle dans l’humanité. Il occupe votre esprit, il contrôle et déforme votre pensées, il dérange vos relations.

En vous, il se ressent comme un nuage gris qui occupe tout votre champ énergétique. Il a tendance à vous rendre inconscient, spirituellement parlant, c’est-à-dire totalement identifié à vos pensées et vos émotions.

Il vous fait réagir et vous fait faire et dire des choses exprès pour intensifier la misère en vous et dans le monde.

À mesure que cette misère augmente, elle multiplie aussi les problèmes dans votre vie. Peut-être votre corps ne peut-il plus supporter de stress et contracte une maladie ou un dysfonctionnement quelconque.

Peut-être avez-vous un accident, vous trouvez-vous dans une énorme situation conflictuelle ou un immense drame émotionnel causé par le corps de souffrance, qui veut que quelque chose se passe.

Ou bien vous devenez violent. Ou encore vous en avez par-dessus la tête et vous ne pouvez plus vivre avec ce côté malheureux. Bien entendu, le corps de souffrance fait partie de ce faux moi.

Chaque fois que vous êtes sous l’emprise du corps de souffrance, chaque fois que vous ne le reconnaissez pas, il devient partie prenante de votre ego.

Alors, tout ce à quoi vous vous identifiez se transforme en ego. Le corps de souffrance est une des choses les plus puissantes à laquelle l’ego puisse s’identifier et il en a besoin pour se renouveler.

Cette mésalliance peut, à un moment, se détruire dans le cas ou le corps de souffrance est si fort que les structures de l’ego, au lieu d’être renforcé par lui, se font éroder par les continuelles attaques de sa charge énergétique.

On peut comparer cela à un appareil électronique qui fonctionne bien avec du courant électrique, mais qui sera détruit si le voltage est trop fort.

Les gens ayant un corps de souffrance chargé atteignent souvent un point où ils sentent que leur vie devient insupportable, ou ils ne peuvent plus supporter aucune souffrance, aucun mélodrame.

Une personne exprimera ce sentiment en disant crûment et simplement “qu’elle en avaient marre d’être malheureuse”.

D’autres sentent, comme ce fut le cas pour moi, qu’elles ne peuvent plus vivre avec elles-mêmes. La paix intérieure devient alors leur priorité.

Leur souffrance émotionnelle aiguë les forces à se désengager du contenu de leur mental et des structures mentales et émotionnelles qui donnent naissance au petit moi malheureux et le perpétuent.

Elles savent alors que ni leur histoire de malheur ni leur émotion ne sont ce qu’elles sont foncièrement.

Elles réalisent qu’elles sont le “connaître”, pas le connu.

Plutôt que de les attirer vers l’inconscience, le corps de souffrance les éveilles et devient le facteur décisif qui les pousse vers l’état de Présence.

Se libérer du corps de souffrance

Les gens me posent fréquemment la question suivante :

“Combien de temps faut-il pour se libérer du corps de souffrance?”

Je leur réponds que cela dépend aussi bien de la densité de leur corps de souffrance que du degré de leur état de Présence.

Mais ce n’est pas le corps de souffrance qui cause la souffrance que vous infligez aux autres et à vous-mêmes, c’est l’identification à lui.

Ce n’est pas le corps de souffrance qui vous force à revivre sans arrêt le passé et qui vous maintient dans un état d’inconscience, mais l’identification à lui. (L’identification est un choix). Alors, il vaudrait mieux poser la question suivante :

“Combien de temps faut-il pour se libérer de l’identification au corps de souffrance ?”

À cela je réponds : “Pas de temps du tout.” Quand le corps de souffrance est activé, sachez que ce que vous sentez en vous, c’est le corps de souffrance. Le fait de savoir et de reconnaître cela suffit pour désamorcer cette identification. Et quand l’identification est désamorcée, la transmutation commence.

Le savoir empêche les vieilles émotions de remonter dans votre tête et de prendre non seulement le contrôle du dialogue intérieur, mais également de vos actes et de vos agissements envers les autres.

Ceci signifie que le corps de souffrance ne peut plus se servir de vous ni se renouveler par vous. Les vieilles émotions continueront peut-être de rester vives et de remonter périodiquement pendant un certain temps.

Elles chercheront peut-être à se jouer de vous pour que vous vous identifiiez à elles de nouveau et pour que ce savoir soit oublié. Mais pas pour longtemps.

Ne pas projeter les vieilles émotions sur les situations signifie faire directement face à ce qui est en vous. Cela n’est peut-être pas agréable, mais vous n’en mourrez pas. La présence en vous est plus que capable d’accueillir cela. Les émotions ne sont pas ce que vous êtes.

Quand vous sentez le corps de souffrance, ne faites pas l’erreur de penser qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. L’ego adore que vous fassiez de vous un problème.

L’acceptation doit faire suite à la reconnaissance de ce qui est. Toute autre chose viendrait masquer cette reconnaissance.

Accepter veut dire vous permettre de sentir quoi que ce soit que vous sentiez dans le moment.

Cela fait partie de l’être-là du moment présent. Vous ne pouvez contredire ce qui est. En fait, vous le pouvez. Mais si vous le faites, vous souffrez. En laissant les choses être ce qu’elles sont, vous devenez ce que vous êtes, c’est-à-dire vaste, spacieux. Vous devenez entier. Vous n’êtes plus un fragment, façon d’être telle que l’ego se perçoit.

Votre véritable nature émerge, qui ne fait plus qu’une avec le nature de Dieu. C’est ce à quoi Jésus fait allusion quand il dit : “Soyez entiers, comme le Père qui est aux cieux est entier”.

Dans le Nouveau Testament, le terme original grec, qui veut dire entier, intégral, total, a mal été traduit par le terme “parfait”. Ceci veut donc dire que vous n’avez pas besoin de devenir entier, seulement d’être ce que vous êtes déjà, avec ou sans le corps de souffrance.

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Alexis

N'oublie pas d'utiliser ton discernement durant ta lecture. Ne nie pas tout en bloc mais n'accepte pas tout non plus.😎 Questionne, remet en cause, jauge, pondère, compare, analyse ce que tu lis afin de trouver ta vérité.

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